Nwel ! Nwel ! tradisyon an nou
Posté le par aladdin |
|
Ou l'art de recevoir et fêter noël à la mode créole
Les fêtes de fin d'année sont l'occasion de recevoir
parents et amis et de renouer avec la tradition locale. Période très importante dans la vie, emmené aux Antilles par les européens, elle est ancrée aujourd’hui dans les traditions. La
houppelande de laine rouge du Père Noël est bien incongrue sous
le soleil de la Guadeloupe et le personnage lui-même a peu de rapport avec les
origines de la créolité.
 Dès la mi-novembre, tous les esprits
de Kaloucaera sont tournés vers Noël. Temps de l'Avent, période
de bilan, de pardon et de réconciliation; temps de récolte de l'igname, des
patates,... le temps aussi de tuer le cochon et faire le gigot de porc fumé et autres préparations locales.
Un art authentique antillais: dresser
la table
C'est l'occasion de dresser une table
côté jardin et côté terrasse pour que les invités puissent se servir
librement. La table est soit en bois brut, soit recouverte d'une nappe en vichy
ou en madras juponné.
Les plats traditionnels occupent la place la plus importante, les accras, de la
calebasses de boudins et des assiettes de fer blanc. Côté repas, les cocos nèg
posés sur une chaudière de table laissent filtrer le fumet à riz à la morue,
d'un riz à ti-concombres ou d'une soupe à congo, et le traditionnel jambon de
Noël. Dans le panier caraïbe, on trouve des pains nattés ou des pains boules.
Dans un traye, les sucs à cocos, les dentelles au four, les sucs à patates, les
popotes de fruits à pain, font le bonheur des enfants.
La simplicité est de mise, comme le
veut la tradition qui se perpétue dans nos campagnes. On est loin des
décorations coûteuses. Une simplicité qui est en harmonie avec la symbolique de
la fête de Noël qui célèbre avant toute chose la nativité du Christ.
Joudouvan Jou se fête dans la tradition
La Saint-Sylvestre ou Joudouvan Jou, premier jour de
l'année, porte une autre symbolique dans la culture créole. Il est nécessaire de
laver la maison, de changer de place les meubles, de mettre de nouveaux tapis,
de nouveaux rideaux, de nouvelles nappes.
C'est le jour où l'on doit prendre le
"bain démarré" dès le 31 décembre, à partir de 20 heures. On y va en bandes,
mandolines, guitares, triangles, chachas, accordéons, bouquets de feuillages en
main et ... autres secrets réservés aux initiés. On va confier à la Manman Dlo
le soin de se faire laver de toutes les mauvaises pensées, mauvais fluides que
Noël n'avait pu effacer.
Au moment des douze coups de minuit,
il faut jeter derrière soi les plantes purificatrices et, sans se retourner, on
rentre directement à la maison pour se rincer dans une décoction de fleur de
lavande, de vanille, de cannelle et autres fleurs bénéfiques.
Une fois purifiées, les femmes
revêtues de leur robe blanche, tout le monde peut passer à table pour déguster
la poule aux châtaigne, le Ka-manioc ou les adors, l'igname, les pois de bois et
le porc roussi. Vers 4h30, la soupe à pied, bien pimentés, est servie aux
convives pour qu'ils se tiennent "debout sur un pied"!
A 5 heures du matin, les femmes
s'endimanchent d'une robe à pois noir et or et toute la famille se dirige vers
l'église pour dire bonjour au Bon Dieu et lui offrir l'année, avant de passe
saluer la Vierge. Lors des fêtes de fin d'années, tout le monde porte des
vêtements neufs, pour que l'année soie bonne et prospère, il est déconseillé de
porter une robe bleue car cette couleur est celle de la misère (comme le dit une
expression créole: en misè blé qui veut dire une misère bleue).
Ensuite, il est bon ton, pour les
plus jeunes, de rendre visite aux plus vieux. Ces derniers, après avoir présenté
un pois de bois, offrent des oranges et trinquent au Vermouth additionné de
sirop de batterie. C'est le jour des échanges de voeux et de petites étrennes.
Renouer avec la cuisine antillaise
traditionnelle
"Tout Noël, tout cochon" dit le
dicton. Difficile de ne pas céder à cette savoureuse tradition qui place le
cochon, et toutes ses déclinaisons, au centre des fêtes de Noël et de Jour de
l'An. Jambon épicé, boudi, pâté, ragoût, le cochon s'impose et impose un art de
vivre antillais qui résiste bien aux modes venues d'Europe ou des États-Unis.
Accompagnés de la soupe de pois d'angole, les morceaux de viande longuement
cuisinés trouvent toute leur saveur.
Mais que boire pendant un repas de
Noël ou de Jour de l'An pour concilier tradition, plats et production locale? La
cuisine étant particulièrement épicée, un vin rouge du sud-ouest s'impose
naturellement. Mais cela n'exclue pas le Ti-punch en apéritif ou le champagne
et, pour finir le repas une note locale: le mytique shrubb.
Extraits d'articles tirés de Maisons Créoles
|